jeudi 11 avril 2013

Il faisait des romans sur la vie du grand désert



Cela s'est produit samedi matin, entre neuf heures et demie et dix heures moins le quart. Je venais de mettre l'ordinateur sous tension, d'ouvrir ma boitamel et de lire les trois ou quatre messages qui s'y étaient venus égarer ; j'ai encore eu le temps de me prendre en pleine face le gros bouquet de fleurs que m'avait lancé Jacques Étienne ; je m'apprêtais à lui répondre…

Paf ! les petits lumignons écarlates de la Livebox se sont mis à clignoter aussi apoplectiquement que si on les avait chargés de traduire l'état de la France socialisée ; et le bouzin s'est arrêté.

C'est à la fois étrange et délicieux, toute une fin de semaine sans internet, sans lien aucun avec le monde extérieur et les petits bruits qu'il produit ; deux jours au milieu du grand désert où luit la liberté ravie ; quarante-huit heures de suspension dans l'air et le temps, mais bien protégé de l'air du temps. – Et, parfois, cela durait quelques secondes,  je jouissais en silence de tout ce qu'il m'était donné de ne pas lire.

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