Plus de maïs pour les tourterelles, remisée la cabane à graines de tournesol, disparues les noisettes dont s'engraissaient les deux pics épeiche. C'est à ce genre de détails que les oiseaux du Plessis comprennent que le printemps est arrivé : il va falloir se remettre au boulot si on veut becqueter. C'était hier que j'ai procédé au décrochage. Les autres fois, alors que verdiers, chardonnerets, pinsons, rouge-gorge et autres moineaux communs disparaissaient aussitôt, avec un fatalisme forçant l'admiration, les mésanges, elles, s'essayaient à nous fléchir durant les quelques jours suivants, nous contemplant fixement de leurs petits yeux que l'on s'imaginait larmoyants ; puis, elles caltaient à leur tour. Cette année, elles n'ont même pas eu recours à cette ultime supplique : si l'on a bien vu encore deux ou trois sautillants picorer au pied du cerisier ce matin – il fallait bien finir les restes –, dès cet après-midi l'arbre est redevenu désert, de disert qu'il fut tout l'hiver. J'ai bien tenté de me ragaillardir en me disant que tout ce petit monde n'allait pas tarder à forniquer joyeusement et en modulant comme des furieux, j'ai néanmoins ressenti comme une pointe de mélancolie désabusée. C'est vrai, tout de même : des gens que l'on a nourris une saison entière, et qui partent comme ça, sans même se retourner, sans un battement d'aile plus haut que l'autre…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire