jeudi 11 avril 2013

Les progressistes neuneus dans la cour de la ferme



Mais qu'est-ce qu'on s'amuse, dites ! Il aura suffi d'une belle et grande manifestation pour que tout ce que la blogosphère compte de progressistes neuneus se mette à courir en zigzags, comme une volée de canards cou coupé dans la cour de la ferme natale. On a commencé soft, en feignant sérieusement de croire que les défilants de dimanche n'étaient bien que trois cent mille (mais pourquoi une telle timidité ? Pourquoi pas cent mille ? Ou trente mille ?). On s'est aperçu que ça ne suffirait pas. Alors, vite, on a dégotté une photo où cinq abrutis tonsurés lèvent le bras droit, et hop ! la menace néo-nazie est resservie toute chaude, comme au bon vieux temps ! La République en danger, la peste brune, et toutes ces sortes de choses. En plus – danger nouveau – les gestapistes aux étoiles sont désormais armés de poussettes et d'enfants qu'ils lancent à l'assaut des tirs ennemis comme de vulgaires Palestiniens, c'est dire le péril. On a même vu la brave Élodie-pleine-d'o ressortir février 34 de son bocal à formol et les neuneus lyonnais affronter un raz-de-marée vert-de-gris hier soir, lorsque des “indignés” pas du bon bord sont venir dire à Mme Taubira ce qu'ils pensaient exactement d'elle et de son action. D'après Le Progrès – dont on ignorait qu'il eût été racheté par les Identitaires –, ils étaient cinq cents. Le bon Juan Sarkofrance, qui n'était pas là, n'en a compté qu'une “petite centaine” : c'est toujours aussi grandiose, les maths-à-neuneu.

Et tout ce petit monde de s'inquiéter des compromissions (oui, ils parlent comme ça) de la droite “institutionnelle” avec ces hordes de zombis à croix gammée toutes prêtes à déclencher une nouvelle nuit de cristal, ou des longs couteaux, ou un Élysée-sur-Glane, on ne sait plus trop bien ce qu'il convient de craindre, mais ça craint. En plus, voilà que ces zozos se sont avisés de chanter la Marseillaise, dites donc ! Là, c'est Mamie Rosa qui est montée au front : désormais, c'est elle la gardienne du chant sacrée, elle qui distribuera les permis de chanter, selon que vous aurez le bon profil ou non. Elle aura son stand à l'entrée des manifs, comme autrefois on attribuait aux rombières nécessiteuses un bureau de loterie.

Bref, les canards ont les foies, il va falloir songer à faire griller les toasts.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire